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Qu’est-ce qu’une guinguette ? Définition, origine et esprit
Des tables en plein air, de la musique, des guirlandes et l’envie de passer un bon moment sans façon : la guinguette fait partie du patrimoine populaire français. D’où vient le mot, pourquoi les guinguettes se sont installées au bord de l’eau, et à quoi ressemblent-elles aujourd’hui ? Réponses, sources à l’appui.

La définition de la guinguette
Les dictionnaires s’accordent sur l’essentiel. Pour l’Académie française, une guinguette est un cabaret populaire, généralement en plein air, installé dans les faubourgs ou la banlieue d’une grande ville, où l’on peut danser ; elle donne en exemple « les guinguettes des bords de Marne ». Le Larousse parle d’un café de banlieue où l’on va boire, manger et danser les jours de fête.
Trois ingrédients reviennent toujours : le plein air, la danse et la convivialité populaire.
D’où vient le mot « guinguette » ?
Le mot apparaît à la fin du XVIIe siècle : le Trésor de la langue française le relève en 1697, au sens de café populaire, et l’Académie l’accueille dans son dictionnaire dès 1718. Il viendrait de l’ancien adjectif guinguet (ou ginguet), qui signifie étroit ou de peu de valeur.
On lit souvent que la guinguette tire son nom du « guinguet », un petit vin blanc aigre servi autour de Paris. Le mot ginguet désignait bien un « petit vin qui n’a point de force », selon le dictionnaire de l’Académie de 1694. Mais aucun dictionnaire de référence ne fait venir directement « guinguette » de ce vin : l’origine du mot reste incertaine.
Une histoire née aux portes de Paris
Au XVIIIe siècle, hors des barrières de l’octroi
Les guinguettes naissent au XVIIIe siècle dans la banlieue parisienne. Avant 1860, Paris s’arrête au mur des Fermiers généraux, où l’on paie l’octroi, une taxe sur les marchandises qui entrent en ville, dont le vin. Juste au-delà des barrières, à la Courtille, à Belleville, à Ménilmontant ou aux abords de Montparnasse, le vin n’est pas taxé : les guinguettes s’y multiplient. Ouvriers, artisans, étudiants y viennent le dimanche ; des Parisiens plus aisés viennent aussi s’y « encanailler ».
Au XIXe siècle, les bords de Marne
En 1859-1860, l’octroi est repoussé aux nouvelles limites de Paris : c’est désormais au bord de l’eau que les guinguettes prospèrent. La ligne de chemin de fer de la Bastille, ouverte en 1859, emmène chaque dimanche des milliers de Parisiens vers Nogent-sur-Marne et Joinville-le-Pont. On y vient boire, manger, danser et faire du canotage : le Rowing-club de Paris est fondé en 1853 et le chapeau canotier est de rigueur. En 1906, la loi sur le repos hebdomadaire, fixé au dimanche, élargit encore ce public.
Le bal musette et l’accordéon
L’expression « bal musette » apparaît vers 1850, pour les bals où jouent les joueurs de cabrette, la cornemuse auvergnate. L’accordéon la remplace peu à peu : la rencontre, en 1904, du joueur de cabrette Bouscatel et de l’accordéoniste Péguri est souvent présentée comme l’acte de naissance du musette. Le musette gagne les guinguettes des bords de Marne : l’accordéoniste Émile Vacher ouvre la sienne à Nogent en 1938.
La guinguette dans l’art
- Pierre-Auguste Renoir, Bal du moulin de la Galette (1876), au musée d’Orsay : un bal du dimanche dans une guinguette de Montmartre.
- Renoir, Le Déjeuner des canotiers (1880-1881), à la Phillips Collection de Washington, peint au restaurant Fournaise, à Chatou, au bord de la Seine.
- Vincent van Gogh, La Guinguette à Montmartre (1886), au musée d’Orsay.
- Au cinéma, La Belle Équipe de Julien Duvivier (1936), où Jean Gabin chante « Quand on s’promène au bord de l’eau ».
- En chanson, « Ah ! le petit vin blanc », valse musette de Charles Borel-Clerc et Jean Dréjac, enregistrée par Lina Margy en 1944.
Déclin et renouveau
Sur les bords de Marne, le déclin commence à la fin des années 1960, accéléré par l’interdiction de se baigner dans la rivière au début des années 1970. Puis l’envie revient : depuis plusieurs années, les guinguettes renaissent, souvent éphémères, ouvertes de juin à septembre ou octobre au bord des rivières, des étangs et de la mer, avec concerts, bals, jeux et cuisine simple.
La Bretagne n’échappe pas à la tendance : le site officiel du tourisme en Bretagne consacre une sélection aux guinguettes, et Morbihan Tourisme rappelle que le département est généreux en terrasses conviviales face à la mer.
L’esprit guinguette aujourd’hui
- Le plein air, au bord de l’eau de préférence.
- Les lumières : guirlandes, lampions, loupiotes colorées.
- La simplicité : une cuisine sans chichis, des tables et des bancs partagés.
- La musique vivante : concerts, bals, accordéon.
- Les jeux : pétanque, jeux pour les enfants, toutes les générations mélangées.
Notre guinguette en bord de mer : Les Enfants de la Plage, à Sarzeau

Au Camping Landrezac Plage, à Sarzeau, la guinguette Les Enfants de la Plage perpétue cet esprit au bord de l’océan, sur le camping qui donne directement sur la plage de Landrezac. Morbihan Tourisme la cite parmi les guinguettes et buvettes du département.
- Sans réservation : on y vient comme on est, quand on veut, pendant ses heures d’ouverture.
- Des jeux pour tous : pétanque, palet, Mölkky, tennis de table, cornhole et deux balançoires.
- De la musique : des concerts animent certaines soirées de la haute saison ; le programme est annoncé chaque été.
Questions fréquentes sur les guinguettes
Qu’est-ce qu’une guinguette ?
Un cabaret populaire, généralement en plein air, où l’on vient boire, manger et danser. Les plus célèbres se trouvaient sur les bords de Marne.
D’où vient le mot guinguette ?
Probablement de l’ancien adjectif guinguet (étroit, de peu de valeur), aussi employé pour un petit vin sans force. Le mot est attesté en 1697 ; son origine exacte reste incertaine.
Pourquoi les guinguettes sont-elles au bord de l’eau ?
Au XIXe siècle, le chemin de fer a conduit les Parisiens vers la Marne le dimanche, pour danser, se baigner et faire du canotage. Le bord de l’eau est resté le décor naturel des guinguettes.
Qu’est-ce qu’un bal musette ?
À l’origine, un bal où jouaient les joueurs de cabrette, la cornemuse auvergnate (vers 1850). L’accordéon a pris le relais au début du XXe siècle.
Faut-il réserver à la guinguette Les Enfants de la Plage ?
Non : la guinguette ne prend pas de réservations.
Sources : dictionnaires de l’Académie française, Trésor de la langue française (CNRTL), Larousse, RetroNews (BnF), musée de Nogent-sur-Marne, Région Île-de-France, Sénat, musée d’Orsay, Phillips Collection, Cinémathèque française, Bibliothèque nationale de France, inventaire du patrimoine culturel immatériel, tourisme du Val-de-Marne, Tourisme Bretagne, Morbihan Tourisme. Vérifiées le 02/10/2026.
